Tunisie du Nord 2008-2009

Publié le par Dominique 92

 

     Tunisie du Nord - 24 décembre 2008 7 janvier 2009 – 973 km

 

 

24 et 25 décembre Paris-Tunis

Arrivée ponctuelle à l’aéroport. Le vélo a été bien emballé dans son carton. Le taxi parvient vite par les ruelles en pleine médina près de l’auberge dite de jeunesse. Un triporteur porte le vélo les derniers mètrres. Belle demeure ottomane avec son immense patio intérieur. Mosaïques et tableaux sur les hauts murs, plus de 6 mètres. Belle chambre à deux lits (le 2 ème sera inoccupé) revêtue de panneaux de bois. Seul petit inconvénient : pas d’eau chaude. On attend le réparateur. Pour l’année prochaine ? La température est fraiche, mais loin de la chaleur écrasante de l’été, Allah merci. Petit déjeuner et dîner sont servis sur place, partagés avec les autres clients étrangers ou même des tunisiens égarés en ce lieu. Le 25 décembre 48 km pour aller d’un endroit à l’autre à la découverte de la vieille ville.

 

26 décembre Tunis-Béja 112 km.

La route au sortir de la capitale a été repérée la veille. Inutile. En l’absence de panneaux routiers, la route conduit à l’autoroute au lieu de la RN 5. Celle-ci est cependant rejointe à force de renseignements demandés. Pas de problèmes, ils parlent encore français. Contrairement à la veille, le vent est violemment contre dans la plaine jusqu’au lac de barrage de Sidi Salem. Rude col ensuite, trafic intense. L’autoroute évitée vient de s’achever. La RN 5 va vers l’Algérie pas très loin. Avant 15 heures l’étape de la journée, Béja, est atteinte. Trois hôtels, dont celui réservé par Email. Confort, mais sans eau chaude comme à Tunis.

 

27 décembre Béja-Teboursouk-Dougga-Teboursouk 70 km.

La route directe pour Teboursouk repérée sur la carte semble ne pas exister. Tous les panneaux et renseignements (auprès de la Police) conduisent à Jendoubar. Avant Thibar, enfin la bifurcation pour Teboursouk. Le plus dur reste à faire. Un long col après Sidi- Smaïl. Il faut mettre tout à gauche ou presque. Descente glaciale vers Teboursouk. Recherche de l’hôtel non réservé. Il y en a un seul, loin du centre de la petite ville. Tout confort, eau chaude, et sanglier pour le dîner. 35 Dinars, soit environ 20 euros. Avant la rapide tombée de la nuit, il est encore temps de grimper à Dougga. Un autre lieu mythique de la présence romaine. Ruines splendides, inondées par le soleil hivernal, presque intactes à part les tremblements de terre.

 

28 décembre Teboursouk-Jendouba 75 km

Petit déjeuner excellent dans le luxueux hôtel. Le temps est gris. Il faut remonter vers le sommet du col de la veille. Le vent souffle parfois avec violence en rafales dans les lacets de la route. 10 km de montée, 10 km de descente. Après la bifurcation vers Bou Salem, 12 km de travaux. Terre battue et cailloux. Les pneus du vélo de course résistent.  Bref arrêt pique nique à Bou Salem sur l’oued Medjerdha. Direction : les ruines romaines de Bulla Regia. Route enfin plate, presque plus de vent, mais ciel sombre. Eclaircie inespérée à Bulla Regia. Longue visite de cet autre lieu mythique de la civilisation européenne. Plus que 8 km pour Jendouba. L’hôtel réservé par lettre est vite trouvé. 22 Dinars avec demi-pension,  radiateur chauffant et eau chaude.

 

29 décembre Jendouba-El Kef 75 km. Autobus de El Kef à Makthar

Quel programme pour la journée ? D’après les convives de l’hôtel de Jendouba, il y a une hôtellerie à Makthar. Objectif actualisé : El Kef, puis l’autobus de El Kef à Makthar. El Kef : majestueuse forteresse ottomane « nec plus ultra »,  sur un piton rocheux haut de 700 mètres. A 14 heures, l’autobus pour Makthar part de la gare routière en contrebas de la ville. Quatre Dinars vélo compris. Cela vaut bien de se priver de quelques kilomètres à plus de 1000 mètres. A Makthar, l’hôtel annoncé est invisible. Les renseignements demandés permettent de trouver ce qui fut un hôtel et devenu un hébergement officieux. Mais le plus important est bien de se poser quelque part. Juste avant le coucher du soleil visite de la ville romaine. Ses termes sont les mieux conservés du Maghreb. Colossal arc de triomphe.

 

30 décembre Makthar-Kairouan 106 km

Le soi-disant hôtel est quitté sans regret. Petit déjeuner sans doute au coin de la rue. Il fait encore froid ce matin à plus de 1000 mètres. Encore un ou deux cols, puis ça descend progressivement vers au loin la grande plaine, celle que vous entrevoyez et ne pensez jamais pouvoir atteindre. Le vent est de nouveau favorable. Courtes pauses pour les photos et le sandwich à Haffouz. Trafic intense sur les vingt derniers kilomètres. L’hôtel réservé par Email ou courrier à Kairouan est vite trouvé, juste en face des fortifications de la ville sainte. Sympathique et bon prix : 13 Dinars avec petit déjeuner. Autant qu’hier !

 

31 décembre Kairouan-Rakkada-Kairouan 40 km

Visite de la quatrième ville sainte de l’Islam, après La Mecque, Médine et Jérusalem. Rakkada est un musée coranique à quelques kilomètres de Kairouan. Presque vide. Parchemins et texte célébrant les trois religions monothéistes. Dommage de ne pouvoir aller à El Jem, le fameux amphithéâtre romain

 

1er janvier Kairouan-Monastir-Sousse 96 km

Départ à 8 heures après l’excellent petit déjeuner servi sur place. Le ciel est brumeux, mais le fort vent est favorable. La route est presque plate. Autant vaut mieux en profiter pour un détour improvisé pour Monastir. Chance : le vent chasse la brume. Forteresse de la vieille ville et mausolée Bourguiba. Au sortir de la ville, rafales de vent contre, mais grâce à la courbure du golfe de Hammamet, il devient progressivement favorable. Arrivée presque trop tôt à Sousse au bord de la mer. L’hôtel réservé est vite trouvé. Chambrette avec vue sur la médina. Il fait presque chaud. Le linge lavé est sec avant 17 heures. Tout le temps pour pérégriner à pied à travers les ruelles. Partout mosquées, médersas, forteresse ottomane, le port et les cargos. Les hauts parleurs appellent à la prière du soir. Un escroc bonimenteur réussit à se faire « prêter » 30 euros, plus le restaurant.

 

2 janvier Sousse Nabeul 136 km

La nuit est calme sans entendre les hauts parleurs qui ont du vociférer. A cette heure matinale, tout est fermé. Petit déjeuner à la sortie de la ville. La route principale longe plis ou moins la côte. Le fort vent est toujours favorable. 100 kilomètres à l’aise. Mais le trafic est dense. Il faut traverser l’interminable station balnéaire de Hammamet, le règne du béton. Difficile de trouver à Nabeul la soi-disante auberge de jeunesse. Elle est enfin trouvée à l’écart du centre ville, au bord de l’eau. Elle est fermée. Un mot est laissé sur la porte. Le gardien arrive enfin. Un seul client : le cycliste. Visite rapide de la ville. Les commerces et restaurants sont fermés, c’est vendredi. Juste une bière au marché noir.

 

3 janvier Nabeul Nabeul Carthage Tunis 108 km

Le gîte, probablement une école à l’abandon, est quitté sans regret. Café au centre ville. Le ciel est gris, le vent aux ¾ contre pas trop fort. Encore beaucoup de poids lourds. Après Rades, un bac traverse sur 500 mètres la baie de Carthage. Carthage, « Cartago delenda est » est bien décevante, autant que Troie. Petit détour pour la touristique Sidi Bou Saïd. Un rayon de soleil entre de sombres nuages et quelques gouttes de pluie. Tunis est rejointe par la quasi-autoroute. Avec la même auberge qu’au départ.

 

4 janvier Tunis. Visite du splendide musée du Bardo et ses mosaïques romaines... antiques comme disent les Tunisiens.

 

5 janvier. Le vélo est de nouveau préparé et empaqueté dans le même carton qu'à l'aller. Direction aéroport. 1ère annonce : retard de l’avion. 2ème annonce : retard confirmé. 3ème ou xème annonce : vol annulé. Neige à Roissy.  Retour à la case départ.

 

6 au 7 janvier. Toujours pas d’avion. Revisite de la capitale. Petite excursion le 7 jusqu’à Menzel-Bouzelfa, la route des orangers. Seulement 107 km aller-retour. Enfin un avion est annoncé pour demain. Tout est bien qui finit bien. 973 km sans ennui mécanique.

 

Dominique

Publié dans Comptes-rendus

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