Serbie été 2011

Publié le par Dominique 92

 

          Serbie 13 août – 30 août 2011

 

Périple cycliste 1698 km

 

 

La Serbie et non la Syrie. Tout avait été organisé pour un périple syriaque du 7 au 22 avril 2011. Avion, circuit, hôtels. Quelques jours avant le départ, le soulèvement de la population contre la dictature. Il a fallu annuler. La Cie d’aviation nationale a refusé le remboursement du billet. Au lieu et place, un avoir. Une partie de celui-ci est utilisé pour la Serbie estivale.

Quelques mois après Alger, les mêmes préparatifs. Le vélo et son carton (celui qui vient de Chypre) font moins de 23 kilos et sont gratuits. Les sacoches sont bagages à main. Moins de 10 kilos, c’est même un peu trop. Il ne pleut pas en cette saison et avec la chaleur le linge sera vite sec.

 

 13 août – Paris CDG Belgrade. Le taxi vient à l’heure, plus de shuttle. Le vol est direct. Grand luxe ! Les escales sont souvent la cause de bagages perdus. Petit taxi à Belgrade pour aller à l’hostel. Et non hôtel ou sobe (chambre). Immeuble ancien dans une rue en plein centre, bien noircie par la pollution. 4èmeétage, pas d’ascenseur. Le vélo peut rester au rez-de-chaussée, bien attaché. Belgrade est une ville sûre. Le gîte est entièrement rénové. Cuisine et internet à disposition. Demande est faite de garder le carton du vélo jusqu’au retour. Accord immédiat : 1èrepreuve de l’hospitalité de la Serbie.

 

 14 août – Belgrade Belgrade. Prise de contact avec la capitale. Lieux historiques (forteresse ottomane, églises catholiques et orthodoxes, immeubles du temps de l’Empire austro-hongrois), rives du Danube et de la Sava, rues principales piétonnes, boutiques de luxe, nombreuses petites échoppes (dont les bureaux de change - menjacnica), presque pas de voitures dans le centre ville. Le dinar serbe est quasiment indexé sur l’euro et le cours est environ de cent dinars pour un euro.

 

15 août – Belgrade  Novi Sad. 85 km. Plusieurs ponts enjambent le Danube et la Sava. Le vélo emprunte le moins autoroutier. Circulation dense : trois carambolages au petit matin. Pas de danger : traversée sur le trottoir. Deux possibilités pour Novi Sad : autoroute ou route nationale. L’autoroute est peut-être interdite aux vélos, donc la route nationale. Etat de la chausse lamentable : plaques de ciment disjointes. Explication fournie plus tard : incitation à prendre l’autoroute… à péage. Crainte qu’il en soit ainsi les jours suivants. Mais ce sera la seule mauvaise route de tout le périple.                      

La chaleur monte. Halte auprès de la fontaine aux lions de Sremski-Karlovice (Karlowitz) peu avant Novi Sad et qui vient d’être restaurée. Dont la légende dit que le voyageur qui boira de son eau reviendra ici et se mariera. Le bidon est bien rempli de son eau fraîche. Quant à y revenir ? Le gîte sympathique a été réservé. Il est vite trouvé en plein centre de la ville, capitale de la Voïvodine, 2ème ville de la Serbie.             

Forteresse ottomane sur les rives du Danube, architecture autrichienne.

 

16 août – Novi Sad  Routes des monastères  Novi Sad. 130 km. Trajet non au programme. Deux monastères orthodoxes sur les seize : Krusedol et Novo Hopovo. Cette boucle vaut le détour par les toutes petites routes ombragées.

 

17 août – Novi Sad  Sombor. 125 km. Départ avec regret de l’hostel après le petit déjeuner préparé sur place. Pas encore trop chaud, mais le vent est encore contre, bien la direction ait changé de l’ouest au nord. Bon bitume à part quelques trous. Paysage ennuyeux et tout plat. Les blés d’antan ont fait place au maïs. Une seule halte : Bac. Sa citadelle médiévale, la plus ancienne de la Voïvodine, du temps de Charles Robert d’Anjou 1338-1342.  Arrivée très tôt à Sombor. Pas de gîte réservé. L’office du tourisme mentionné dans le guide est introuvable. Un autochtone germanophone indique un petit hôtel en plein centre. Chambrette grand confort, comme presque partout. Promenade dans la ville austro-hongroise  préservée, re-serbe depuis 1918.

 

18 août – Sombor Becej. 180 km. Tôt matin, il fait plus chaud qu’hier. Vent léger et encore contre, bien que la route ait obliqué du nord vers le nord-ouest. Brève visite de Subotica. A la sortie de Subotica, impossible de  trouver la direction pour Senta. Panneaux manquants, faux renseignements. Enorme crochet. Obligé de prendre un petit bout d’autoroute. Pas de trafic et pas de contrôle du Club de vélo. Senta plein sud.

Presque pas d’arrêt pour le piquenique. Le temps presse. Enfin Becej. Quid de l’hôtel ? Longue recherche. Seul est visible un hôtel de type soviétique. Après moults renseignements et grâce à l’amabilité d’une autochtone (une fois de plus), la chambre est trouvée dans une annexe du centre sportif. Seul inconvénient : il faut attendre 7h30 pour l’eau froide et chaude. Un seul restaurant dans cette ville moyenne : au 3ème étage du grand magasin dans une bâtisse également soviétique. 180 km au lieu des 106 prévus !

 

19 août Becej Vrsac>. 157 km. La température monte chaque jour. 29 degrés le matin, 40 l’après-midi. Fort vent contre, pas d’abri le long des champs de maïs ou de tournesol. Visite rapide de Zrenjanin au cœur du Banat, Elle s’est appelée Petrovgrad. Palais de justice, et hôtel de ville de style habsbourgeois.

La route reprend dans la grande chaleur. Mais par chance le vent devient favorable, la 1ère fois depuis le départ ! Mais la chaleur est toujours plus forte. Chance de trouver une fontaine au bord de la route et de remplir le bidon d’eau fraîche. Un peu plus loin,les vaches se baignent dans un canal. Vrsac est vue de loin, mais l’approche est interminable. Enfin la ville étape Un seul en béton, le Serbija. Le bureau de tourisme est à coté. « Sobe » tout confort. Ca vaudra bien la peine de rester à Vrsac et ses environs deux jours comme prévu.

 

20 août Vrsac  Vrsac. 65 km. D’abord visiter de la ville, capitale du Banat. Serbe, turque, hongroise, autrichienne, et serbe. Ville avec les mélanges du passé. Ainsi l’hôtel de ville construit en 1860 par un ingénieur allemand de Timisoara en Roumanie.

Le 2ème jour, deux monastères, Meliki et Malo Srediste. Et les fameux vignobles sur les flancs des coteaux qui entourent la ville avec le donjon turc du 15ème siècle (641 mètres).

 

21 août Vrsac Golubac. 120 km. La route du Paradis. Réveil à 6h15 pour attraper le bac de 9 heures selon l’office du tourisme. . En l’absence de décalage horaire avec la France, il fait jour beaucoup plus tôt. Chocolat chauffé sue la plaque électrique. Il fait presque frais ! De plus pas d’erreur de parcours, les yeux rivés sur la carte de bord. Attention, les villages sont mal indiqués. Arrivé au bac sur les bords du Danube à 8h45. Il est à 10 heures. En attendant café turc offert par une famille serbe. Lente traversée du Danube avec le bac chargé de voitures et de… trois autres cyclistes. L’un est vêtu en noir de pied en cape, crainte des coups de soleil ? Belle piste cyclable sur la digue le long du Danube. Pas trop chaud, ça change. Traversée de Viliko Gradiste sans indication pour les fouilles archéologiques. Route vallonnée intérieure. A Golubac, un grand hôtel, 40 euros, « Sobe » tout confort 8 euros, dénichée grâce à une pancarte. Il est encore tôt pour aller en fin de journée en  amont vers la mythique forteresse à l’entrée du parc national de Derdap, en perse les Portes de Fer. Au retour, dans la pénombre, bain dans le Danube, sublime.

 

22 août Golubac Donji-Milanovac.140 km. Petit déjeuner chauffé sur place. La patronne dort. Fraicheur matinale. Belle route vers l’est, le long du Danube. Mais… 19 tunnels. Il faut parfois mettre pied à terre. Jamais éclairés. Comme en…Norvège, 21 juillet 1999, un poignet et un genou écorchés contre la roche. Mais en Serbie le feu rouge n’a pas été oublié. Il clignote dans le noir absolu. Le vrombissement des poids lourds et des semi-remorques inquiète parfois. La luminosité revient vite et fait oublier la crainte surmontée.

Bref arrêt à Lepenski-Vir pour le célèbre site archéologique. Reconstitution des lieux de vie de nos lointains prédécesseurs. Un viaduc permet de rejoindre la grande route. Peu après la halte de jour à Donji-Milanovac. Tout droit à l’office du tourisme pour le gîte. La « sobe » est en plein centre, dans un salon, confortable et pas chère. L’après-midi, aller-retour pour les Portes de fer. Les tunnels de nouveau : le plus long 371 m avec le feu rouge. La température monte : 35 degrés. Deux cyclistes poursuivent leur route vers Kladovo, en face de la Roumanie. Au retour, la Jelen, bière nationale, est bien fraîche.

23 août Donji-Milanovac Zajecar 108 km. A 8 heures, 20 degrés, pas pour longtemps. Après avoir longé un affluent du Danube, la route monte vers le col de Popadija (428 m). A Stubik, rencontre dans un magasin d’un franco-serbe. Brève halte à Stubik chez la famille avec café et gâteaux et trois tomates du jardin pour la route. La chaleur monte. Les cols se succèdent. Juste à l’ombre d’un arbre pour le piquenique. Tant pis pour Negotin, proche de la Bulgarie, court-circuitée. Montées et descentes se succèdent jusqu’à Zacecar. Quid de l’hôtel ? Le grand hôtel de béton, le Serbija,  qui domine la ville a été réservé par internet, mais il y a sans doute mieux. Le 3ème petit hôtel est trouvé en plein centre, confort et moins cher. Invité à la table des hôtes avec leurs amis.



24 août Zacecar Nis 107 km. La route est presque plate, le long d’une rivière, pas encore trop chaud. Puis montée de 15 km pour le col de Capljak à 725 mètres. Dans la descente, la chaleur monte : 38 degrés. Pêche et Coca à Svrljig. Encore quelques côtes. Arrivée à Nis dans la chaleur étouffante à Nis dans une cuvette. Nis « Porte de l’Orient et de l’Occident » à l’histoire mouvementée depuis le 3ème siècle avant notre ère jusqu’en 1999. La pension est vite trouvée, tout confort. L’eau coule à flot dans le jardin. Dîner avec les spécialités préparées sur la braise par le patron.

25 août Nis Svieta-Petka Nis 56 km. Petite route encaissée qui longe la Nisava. Mais trafic intense de poids lourds en route vers la Bulgarie.

Il faut attendre un peu moins de chaleur en fin de journée pour découvrir la belle ville avec la forteresse ottomane, les églises et… le camp d’internement nazi, dénommé Croix Rouge !

 

26 août Nis Trstenik 120 km. Le gîte paradisiaque est quitté avec regret. Départ à 7 heures dans une relative fraîcheur. De plus, le vent, souvent contre depuis Belgrade, devient enfin favorable, La route secondaire zigzague autour de la Morava et de l’autoroute. Jamais sûr d’être dans la bonne direction. Un col imprévu est même escaladé. Brève pause à Krusevac, ville fondée en 1371 par le Prince Lazare. A Tristenik, recherche de l’hôtel. Un seul, en béton, du temps de Tito. Chambre au confort sommaire au 13ème étage. Petite route vers le Monastère de Ljubostinja. Les meules de foin. Avant le coucher du soleil, bain dans la Morava.

 

27 août Trstenik Kraguejevac 122 km. La route passe par Kraljevo. Juste à coté, un petit détour pour le fameux monastère de Zica.

Quelques kilomètres ensuite et un col à 339 mètres pour atteindre l’étape de la journée : Kragujevac. Arrivée bien avant 15 heures, l’heure à laquelle ferme l’Office du Tourisme ! Au lieu du grand hôtel de type soviétique mentionné par le guide, une « sobe » grand confort. Encore une ville qui a souffert au cours des siècles. Dernière horreur : le massacre de 7000 civils par les nazis le 21 octobre 1941.

Mémorial en haut de la ville. Et une Madone dans la paix retrouvée.

 

28 août Kraguevac Belgrade 141 km. Montée continue jusqu’à Topola. Presque frais et vent favorable.Crochet non prévu pour Oplenac et son église transformée en musée. Les fresques revêtent toutes les parois, les colonnes et les coupoles. Le vent tourne de 180 degrés et redevient contre. Plusieurs cols à environ 500 mètres. Le mont Avala est dominé par l’immense tour de télévision. Belgrade est en vue. Les banlieues sont interminables, avant de retrouver le centre ville et le gîte du départ. Le carton du vélo a bien été gardé. La chaleur monte.

28,29 août.  La visite de la capitale reprend. La Stari Grad (vieille ville) avec les rues piétonnes remplies de terrasses et de…piétons. Forteresse, cathédrale, architecture viennoise, musée national. Les quartiers périphériques de Zemum, les rives du Danube et de la Sava.

 

30 août Belgrade Paris. Le vélo est de nouveau empaqueté. Le taxi commandé prend des détours pour éviter les abords de la ville embouteillés. Avion à l’heure. 

Dominique Ploux

 

Publié dans Comptes-rendus

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