Italie du Sud 2011

Publié le par Dominique 92

Italie du Sud
Naples et autour de Naples
22 décembre 2011 – 2 janvier 2012
Près de 800 km cyclistes,
dont 7 étapes de 713 km
A travers les trois provinces : Campanie, Pouilles, Basilicate
   

 

La deuxième moitié de l’avoir du billet d’avion pour Damas (annulé en Avril 2011) est utilisée pour ce voyage, après la Serbie (et non la Syrie) de l’été 2011. Le vélo et son carton inusable venant de Chypre font moins de 23 kilos. Dans la cabine, les deux sacoches de moins 8 kilos, avec des vêtements supplémentaires en prévision de la pluie et du froid sur les reliefs..

 

22 décembre – Paris CDG Naples. Le vol est direct alors que la plupart des autres vols font escale à Milan ou Rome. C’est plus sûr pour le vélo qui n’aime pas les transferts. A Roissy, longue attente en raison de la grève des bagagistes. Mais la longue file finit par être résorbée. A l’aéroport de Naples, les taxis sont nombreux. Prix convenu à l’avance selon le guide. Il cherche longtemps l’auberge en plein centre de la vieille ville mais perdue au fond d’une ruelle. Le plan venant de Google a été reproduit sur la feuille de réservation du gîte, comme pour tous les autres du circuit. Grande chambre au 4ème étage sans ascenseur, plusieurs lits superposés, mais le seul occupant. Le précieux carton du vélo réussit, après moults négociations, à trouver une place dans la petite buanderie. Un seul restaurant le soir ouvert pour les pastas.

 

23 décembre – Naples Naples. Visite de la ville à vélo. Circulation dense, les voitures et scooters contournent le seul vélo au milieu des rails et des pavés. Musée des Antiquités l’après-midi. Pas de photos : ciel trop gris.

 

24 décembre – Naples Benevento 74 km. Petit déjeuner dans la chambre, non servi mais avec les provisions achetées la veille dans l’un des rares petits magasins ouverts. La température matinale est fraîche. Guidé par l’instinct, la sortie de la ville est trouvée en évitant la ou les outoroutes. Surtout ne pas suivre les panneaux verts qui y mènent tout droit. Ce sera aussi le cas tout au long du circuit. Il a même un raccourci. Mais la petite route est encombrée de détritus tout le long des bas cotés. Plus un passage inondé. Le vélo et les sacoches ne sont pas trop lourds à porter. Plus loin, les fléchages disparaissent. Chance : un autochtone indique comment rejoindre la route secondaire. Le vent est d’abord favorable puis contre. Normal : l’étape est Benevento, la ville de tous les vents. Arrivés très tôt. Mais le jour tombe vite, presque une heure plus tôt qu’en France : Le B&B est vite trouvé grâce aux indications portées sur la feuille de réservation. Grand luxe. Le centre ville est vite vu. l’Arc de Trajan, du temps de la ville romaine.

Tous les restaurants sont fermés en ce soir de la veillée de Noël. Le patron prépare un superbe plat de macaronis avec tomates et parmesan.

 

25 décembre - Benevento Foggia 120 km. Au ciel gris de la  veille ; succède la pluie de la nuit. La sortie  de ,la ville est suivie scrupuleusement. Grave erreur. La route indiquée rallonge et rallonge.  Au lieu d’aller vers le Nord-Ouest, elle va vers le Sud-Est. De plus, crachin et vent violent contre, relief incessant. Que faut-il de plus pour tout gâcher ? Col sur col, ça ne décolle pas. Plus de 800 mètres, pente à 14%. Autre erreur : un col de trop. Dans une pente à pied, le stop ne marche pas. Il faut avancer envers et contre tout. Pas de pique nique. Un reste de jus d’orange le remplace. Changement de programme : trop tard pour atteindre l’étape prévue, San Giovanni Rotondo. La grande ville Foggia est sur le circuit. Donc arrêt à Foggia. Problèmes multiples : pas d’hôtel réservé, la ville est déserte (jour de Noël), restaurants fermés (pas possible demander des renseignements), pas d’hôtels en vue. Exception à la « règle » : des policiers avec deux voitures sont à un carrefour. Aimablement, ils proposent de rouler derrière leur voiture pour un hôtel : le 1er est fermé, le 2ème va ouvrir dans deux heures et demi selon un coup de fil de l’un d’eux au patron. En attendant, pique nique sur une placette avec une portion de lasagnes vendue par un restaurant ouvert pour la « famiglia », puis à l’abri du froid dans le seul endroit fermé : ... la gare.  Enfin l’auberge ouvre. Chambrette confort, radiateur bien chaud pour sécher le linge lavé des routes pluvieuses de la journée. Le dîner est pris dans le MacDo de la gare ; avant 19 heures, la fermeture. Un 25 Décembre presque comme à …Bethléem.

 

26 décembre – Foggia San-Giovanni-Rotondo 48 km. Consolation d’hier : le copieux petit déjeuner servi (et oui) dans la douillette auberge. Le soleil brille dans une grande fraicheur.

30 km sur une route propre et plate. Un groupe de cyclo-sportifs est croisé. Il confirme la bonne route. Un léger crochet pour éviter de monter au col de San Marco. Puis la dure montée jusqu’à l’étape du soir. Pente et vent violent glacial pour atteindre les 567 mètres depuis le niveau de la mer d’à coté. A San Giovanni Rotondo, l’hôtel réservé est vite trouvé. Hôtel grand luxe dans cette ville où les hôtels abondent : ville de pèlerinage pour le Padre Pio, sainte « icône » de l’Eglise catholique…italienne. L’hôtel avait été réservé pour deux nuits, dont celle d’hier. Une seule nuit sera facturée. Merci à …Padre Pio.

 

27 décembre – San-Giovanni-Rotondo Bari 154 km. Il faut quitter tôt matin l’hôtel grand luxe, sans doute le max du périple. Dans le ciel bleu et la grande fraîcheur, descente à toute allure vers la plaine puis vers la côte. Enfin la route est plate, plus ou moins loin des rives de la mer adriatique, et le fort vent est enfin favorable. A 38 km du départ, la route est d’abord en sens interdit, puis fermée : terre et blocs de ciment sur toute la largeur. Les bas cotés sont inondés. Passage en deux phases par-dessus le barrage et par-dessous la rambarde, les sacoches, puis le vélo.  Ouf ! Un énorme détour vient d’être évité. Les terres sont parsemées de  lacs et de canaux. Arrêt et pique nique à Trani, vieille ville superbe. Remparts, citadelle, cathédrale, port. La route est ensuite moins belle. C’est la riviera de l’Adriatique. Les pseudo-stations balnéaires se succèdent les unes aux autres, béton + béton + béton, rues encombrées. Certainement l’horreur pendant la saison estivale.

Avant Bari, la route secondaire mène tout droit à l’autoroute urbaine. Une sortie y ramène un peu plus loin. Derniers rayons de soleil pour la vieille ville pleine de dédales de ruelles. L’auberge est difficile à trouver malgré le plan détaillé de la réservation. Le gîte est à quelques mètres de la réception. Chambre à plusieurs lits, confort spartiate, mais ici aussi seul occupant avec…le vélo. Il vaut mieux le rentrer, en raison de la réputation de la ville, bien que l’aubergiste l’ait interdit. Pas de chauffage, mais une plaque électrique pour le petit déjeuner. Visite nocturne de la ville presque déserte. Dîner dans un petite restauration gréco-turque. Symbole de  la route vers l’Orient.

 28 décembre - Bari Tarente 125 km. Départ à 8 heures pile. Nombreux renseignements demandés pour la sortie de la grande ville. Chose à ne pas faire. Les autochtones ne connaissent que les autoroutes. Donc l’autoroute au lieu de longer la côte. Elle est interdite aux vélos. Les policiers sont invisibles. Avant Mola de Bari au bord de la mer, une route dite de service est enfin attrapée. Elle colle à l’autoroute. Peut-être un cul-de-sac ? Non. La route de la côte est enfin retrouvée, mais il faut traverser les bourgades et les affreuses stations balnéaires encombrées. Encore heureux que ce ne soit pas la saison estivale. Après avoir quitté la cote à Monopoli pour aller à l’intérieur des terres, de nouveau pas d’autre solution que l’autoroute Bari-Brindisi. La Police doit encore dormir. Après « seulement » 11 km, la route secondaire refait surface. Elle grimpe jusqu’à Locorotondo (410 mètres) et Martina Franca. Découverte imprévue de l’habitat des siècles passés : les « trulli » tout en pierre taillée, les murs et leurs petits toits coniques.

La route va descendre ensuite jusqu’à Tarente au creux du golfe du même nom. A deux heures, la ville étape est atteinte. Pique nique en plein soleil à coté du château de Fernand d’Aragon, du temps de l’occupation espagnole au 15ème siècle. Visite rapide de la vieille ville. A 15 heures, il est temps d’aller trouver le gîte. Il est en fait presque à l’extrémité du Capo San Vito, à plus de 8 km. Les renseignements notés sont insuffisants. Mais la serviabilité italienne est parfaite. La patronne arrive après un appel téléphonique d’un voisin. Logis grand luxe. Tout un appartement. La superette permet de faire le dîner sur place.

 

29 décembre – Tarente Matera 88 km. Il faut quitter avec regret la résidence d’une nuit. Ciel bleu, vent favorable. La route vers Tarente est refaite à l’envers. 13 km non sur la carte de route. Sens unique le long de la baie et rue étroite, donc sur le trottoir. Après la traversée de la baie, la route nationale vers Massafra est quasi-autoroute, mais, ça change tout, autorisée aux vélos. Après Massafra, erreur de route, panneaux absents ou non vus. Résultat : voie rapide pour Reggio di Calabria. Demi-tour pour retrouver la bonne route à Palagiano. Faible déclivité jusqu’aux abords de Matera, puis dure montée pour le sommet de Matera sur un piton rocheux à 399 mètres. Longue recherche pour trouver le B&B au fin fond de la nouvelle ville à  force de renseignements toujours fournis aimablement. Accueil super-aimable. Piquenique rapide avec les provisions de bord pour la visite de la ville troglodytique, patrimoine de l’Unesco, plus les deux musées, la cathédrale, les ruelles de la vieille ville où il est facile se perdre et ne pas retrouver le vélo attaché quelque part.

 

30 décembre Matera Potenza 104 km. Petit déjeuner servi par le sympathique aubergiste. Les deux chiens dorment. Fini le confort de cette belle demeure. La route reprend dans la grande fraicheur + 5o.  Plusieurs couches pour se protéger du vent froid dans la descente de 20 km. Puis un col et redescente vers la vallée du Basento pour attraper la RN 407 qui vient de Tarente. D’abord deux voies, puis quatre, mais pas autoroute. Quasiment 70 km de longue montée. Les nombreux tunnels, pas trop longs mais éclairés (mieux qu’en Norvège) succèdent aux viaducs. Potenza est en vue, sur un promontoire rocheux comme Matera. 6 km de dure montée jusqu’à 819 mètres. Pour atteindre l’hôtel réservé, il faut monter la ruelle à pied. L’hôtel est fermé…comme bien d »’autres. Le restaurant au rez-de-chaussée est ouvert. Il appelle le patron qui vient peu après. A 15 heures la pluie.

 

31 Décembre Potenza Salerne Train.  Et oui le train ! Plusieurs raisons : météo hivernale, la route secondaire zigzague autour de l’autoroute ou s’en écarte par monts et par vaux. Donc changement de programme au lieu des 104 km et sans doute beaucoup plus. Départ annoncé à 10h55. Départ de l’hôtel beaucoup plus tôt, on ne sait jamais. Effectivement le train pris une heure avant arrive dans une autre gare de la ville. Après une heure d’attente,  un bus part pour la gare principale, avec le vélo bien sûr. Et là enfin le vrai train part pour Salerne. Chance ! Prix des billets : 6 euros. Autant vaux mieux en profiter, plutôt que de faire la route avec le vent glacial et de se perdre dans les multiples tours et détours de la petite route. Le train s’arrête à Eboli, comme le Christ dans le livre de Carlo Levi.

Arrivée en début d’après-midi dans la belle ville de Salerne. L’auberge dite de jeunesse est vite trouvée, dans un ancien couvent : Ave Gratia Plena. Tout le temps pour faire le tour de la vieille ville.  Le château Di Arechi est à 300 mètres. Mais la route pour y accéder est introuvable. Seul problème : en ce soir du 31 décembre, les restaurants sont fermés ou se préparent pour le réveillon. Il reste quelques restaurations rapides gréco-turques. Pour le lendemain : option le train de nouveau au lieu des 55 km prévus. Non pas à cause de la météo devenue enfin superbe, mais de la route secondaire. Un essai de ce soir pour tenter de la rejoindre à la sortie de la ville conduit inexorablement à l’autoroute. Les 55 km théoriques auraient pu être de plus du double. Hâte de revoir Naples sous le ciel devenu bleu. Donc un billet à la grande gare, sans savoir si le vélo est autorisé. Pas possible de dormir : feux d’artifice et pétards jetés des fenêtres. Sans doute la nuit « folle » pour les Salernois. Mais pas pour les résidents de la chambre. Elle est presque pleine avec un ou deux ronfleurs. Avec en plus le tapage nocturne dans la ville.

 

1er Janvier 2012 Salerne Naples Train.  Juste le temps de prendre l’excellent petit déjeuner servi dans l’auberge pour attraper à la gare toute proche le train de 8h01 pour Naples. Au sortir de Tarente, 10 km de tunnel. Qu’en aurait-il été avec le vélo ? Madame la contrôleuse demande un billet pour le vélo. En ce 1er jour de l’an ce sera gratis. Au loin le Vésuve et Herculanum. Arrivée du train à Naples. Déjà et encore Naples. La même auberge est retrouvée. Les clés sont remises à l’hôtel grand luxe de l’autre coté de la rue principale. Le carton du vélo a été bien remisé dans la buanderie. Visite et escalades de la ville en plein soleil.  Avec photos cette fois. Dans la ville haute le musée du Capodimonte au milieu du parc est splendide. Puis les ruelles de la vieille ville qui n’a pas beaucoup changée depuis… Le Caravage au début du 16ème siècle. « J’aurai voulu embrasser d’un coup d’œil unique la ville, le port, la montagne et la mer… Enchevêtrement inextricable de ruelles… Réseau si dense d’habitations…Chaque pouce de terrain est construit… Elevés de 6 à 7 étages, les immeubles cachent le ciel… Les rues sont si étroites que la lumière n’y pénètre pas… Aucun jardin, pas même un arbre…fouillis de boyaux sans air…labyrinthe surpeuplé… ». Dominique Fernandez, La Course à l’abîme. Ainsi en est-il de la ville de Naples en 2012 à part les voitures et scooters qui zigzaguent autour du seul vélo.

Je n’ai pas connu l’abîme, seules m’ont accompagné les craintes et les joies du périple réinventé dans les difficultés ou inspirations au gré des tours et détours de ce long cours.

 

Dominique Ploux

 

 129 photos sur le Blog :

Rubrique : albums photos / Italie du Sud 2011

Les photos sont classées par ordre numérique. De Bari Saint Nicolas à Trani la Pêche miraculeuse.
 
     

Publié dans Comptes-rendus

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article