Chypre 2009

Publié le par Dominique 92

   Chypre cycliste - 20 décembre 2009 1er janvier 2010

 

20 décembre – Roissy. Tout est prêt. Le vélo bien emballé dans le carton revenu de la Macédoine. Moins de 20 kilos, les deux sacoches à peine 6 kilos. Le shuttle est à l’heure tôt matin. Les menaces des vols annulés se confirment. Le vol Paris-Milan est annulé. Neige en Europe. Chance de trouver à Roissy, après attente dans des files immobiles, un guichet libre. L’hôtesse cherche un vol pour le lendemain. Après une heure, est enfin trouvé un vol pour le lendemain, avec escale à Athènes, et non comme proposé à Amsterdam, Londres ou …Moscou. Retour à la case départ.

 

21 décembre - Roissy Athènes Larnaca. Rebelote. Pas de shuttle mais un taxi réservé la veille à l’hôpital américain de Neuilly. Escale de quatre heures à Athènes, réduite de une heure ou deux en raison du retard. Il pleut à Athènes. A travers le hublot, le vélo est surveillé. Il arrive bien à l’avion. Et là, oh stupeur, il repart. L’hôtesse est aussitôt alertée. Elle joint le bagagiste qui ramène le vélo dans la soute. Raison de ce qui pu être « gênant » : panne informatique, impossible de lire les codes-barres des bagages. A l’arrivée nombreux sont ceux qui n’ont pas leurs bagages. L’hôtel réservé par internet est vite trouvé. Plein centre ville, tout confort, 20 euros, Prix affiché : 80 euros, cela doit être pour l’été des Anglais. TV, internet, climatisation et garde du carton vélo (pour le retour) sont payants. Presque vide, dommage.

 

22 décembre – Larnaca Larnaca. Visite de la ville ancienne ottomane, toute petite, et nouvelle avec ses avenues de magasins de luxe. Un peu décevant.

 

23 décembre – Larnaca Limassol – 76 km. Route plate sans intérêt jusqu’à Kiti. Brève halte pour la belle chapelle byzantine. Difficile ensuite de ne pas aller sur l’autoroute. Et avant la grande ville Limassol, des kilomètres de béton, marinas vraies ou fausses pour les Anglais de l’été. Chance de vite trouver la petite « pensyon » sympa en plein vieille ville. Chambrette à l’étage comme autrefois dans nos campagnes, avec terrasse pour garer le vélo. Un jour de retard, à cause de l’avion, mais un jour au lieu des deux prévus. Visite rapide de la vieille ville encore plus réduite qu’à Larnaca. Le port, la forteresse ottomane, la Mosquée et le hammam. Colossale église récente.

 

24 décembre – Limassol Paphos – 105 km. Beaucoup de sites historiques annoncés dans le guide ou sur les routes mais trop loin ou inaccessibles ou fermés, comme le sanctuaire d’Aphrodite. Visite cependant du sanctuaire d’Apollon. Peu à voir, quelques colonnes. Encore des kilomètres de béton avant Paphos. L’hôtel réservé par internet est vite trouvé, sur la grande route des Tombeaux des Rois. Problème : il est fermé. Sur la porte, un message : appeler le mobile …. Pas de mobile. En face deux touristes anglaises appellent l’hôtel. Peu de temps après la porte s’ouvre. C’est le grand luxe, calme et…. Avec piscine, mais pas de bain, il fait un peu frais. D’après le site internet, c’était une auberge de jeunesse. Presque le même prix. 20 euros. Prix affiché dans la chambre : 98 euros. La gérante parle français. ça change de l’immersion anglaise. Seul regret, il est totalement vide.

 

25 décembre – Paphos Paphos. En premier, direction les Tombes des Rois. C’est fermé, jour férié. Que faire ? les abords sont déserts. Un petit groupe escalade la grille. N’étant pas très large, le portillon tournant permet de passer au travers. Immense territoire parsemé des tombes enfouies sous le sol, creusées dans la roche et dégagées il y a peu de temps. Puis visite de la vieille ville de Kato-Paphos, le port et le fort.

 

26 décembre – Paphos Limassol – 85 km. Avant de quitter la ville, visite du site archéologique de Kato-Paphos. C’est ouvert, même un lendemain de fête. Splendides mosaïques romaines. Et la route du retour, non vers Polis et le massif du Troodos comme prévus, mais de nouveau vers Limassol. Selon les conseils de l’aubergiste de Limassol, la ou les routes pour traverser le massif du Troodos sont incertaines et peut-être fermées l’hiver. Le ciel est gris. Halte pique nique au Sanctuaire d’Aphrodite, déjà vu à l’aller. 2ème étape culturelle : Kourion qui avait été loupée à l’aller. Une grille d’entrée sur la route principale était fermée. Mais ce n’était pas l’entrée du site. Il faut pour y accéder quitter à droite la route principale, redescendre presque au bord de la mer, et remonter jusqu’à l’entrée du site. Ruines splendides de la ville gallo-romaine. La météo est favorable, ciel bleu et vent avec. La même auberge est retrouvée. Avec la chambrette, bien que non réservée.

 

27 décembre Limassol Nicosie - 100 km. Xème changement de programme : direct pour Nicosie, au lieu d’escalader les contreforts du massif du Troodos. C’est plus long, mais presque plat. Seul inconvénient : route fréquentée et peu touristique. La route nationale longe et traverse plusieurs fois l’autoroute, difficile de nouveau de ne pas s’y embarquer. Beau temps, presque chaud, vent favorable. Petit col de 400 mètres, pique nique emporté entre deux Monastères. C’est dimanche, tout est fermé ou presque. Peu avant la capitale, un cycliste double. Chance : il sert de pilote et fait un crochet pour éviter de prendre l’autoroute qui mène tout droit à Nicosie. Et maintenant la recherche de l’hôtel. Celui réservé par email est dans la partie non occupée par la Turquie, mais il loin du centre et cher. Quitte ou double : franchissement du point de passage (carte d’identité et visa sur une demi-feuille de papier). De l’autre coté de la ligne de démarcation, chez les Turcs, un hôtel est vite trouvé grâce aux renseignements aimablement fournis. Moyen, mais propre et calme. Chambre à 20 euros avec terrasse pour garer le vélo. Dîner au pied de l’immense cathédrale devenue mosquée. C’est presque comme dans tous les autres pays de l’ancien empire ottoman. La partie turque de Chypre est le dernier confetti de cet empire.

 

28 décembre – Nicosie Nicosie. Visite des deux moitiés de la capitale, vieille ville, monuments et deux musées.

 

29 décembre - Nicosie Keryneia (Girne) Nicosie– 130 km en zone occupée par la Turquie. La brume est dense, signe de beau temps ?  Route plate, parsemée de camps militaires. Long crochet volontaire par Myrtou. Malgré la carte, presque plus rien à voir. Ruines en triste état. La route longe ensuite la cote. Désolant. Ici aussi béton + béton = béton. Publicités en anglais pour les touristes Anglais. Enfin la belle ville Keryneia et son port ancestral. Objectif suivant : l’abbaye de Bellapais. De sombres nuages obscurcissent les sommets tout proches. Il pleut là-haut. La veste de pluie est mise puis enlevée. Après quelques kilomètres durs qui dominent la mer, l’abbaye de Bellapais dans le soleil revenu. De nouveau revivent ici les guerres fratricides des Croisés et des Musulmans. Le raccourci du retour est fermé : zone militaire. Donc redescente à Keryneia (Girne) puis remontée vers un col avec une pente entre 7 à 12 %, mais sans les sacoches restées à l’hôtel.

 

30 décembre – Nicosie Limassol – 85 km. Le secteur turc est quitté tôt matin avec le 9ème tampon sur la fiche des entrées et sorties. Ville morte d’un coté comme de l’autre. La sortie est bien retrouvée. Mais à la suite d’une probable erreur, c’est l’autoroute. Une voiture de Police double le malheureux cycliste et l’arrête. Deux « flics » aimables, pas de PV. La bretelle vers la nationale  toute proche est vite atteinte. Détour pour le Monastère de Stavrovouni haut perché à 688 mètres. Dieu merci, pas de sacoches. 7 km à plus 9 %. D’après le guide, il est fermé au public à 12 heures. Il est 5 mn avant 11 heures et il va fermer. Donc quelques minutes pour en faire le tour et admirer le site qui domine au loin la baie de Larnaca. Malgré le soleil, la descente est fraîche. Pique nique de nouveau avec les provisions emportées (pas de magasins ouverts) devant  la minuscule chapelle royale de Pyrga. Long détour volontaire ou non pour retrouver la petite route vers Limassol. L’hôtel est vite retrouvé avec un jour d’avance. Le prix passe de 20 euros à 30 euros.

 

31 décembre – Larnaca Lefkara Larnaca - 134 km. Etape supplémentaire grâce au jour d’avance. Ciel bleu douce fraîcheur et pas de sacoches. En avant toute pour le plus grand trajet chypriote. Même route qu’à l’aller tout le long de la côte. Sauf un crochet vers le cap Kiti. A part le petit phare, c’est bien décevant : zone à touristes Anglais. Belle grimpette ensuite de 7 à 12 % vers l’antique cité de Lefkara à plus de 400 mètres. Au loin le pic du Monastère d’hier. Le 1er village typique de tout le circuit. Pique nique sur la place centrale. Tous les commerces sont fermés. Une fois de plus, il vaut mieux voyager autonome que dépendant des commerces fermés à l’heure de poser le pied. Retour par monts et par vaux (plus de 700 mètres ?) par Kato Drys et Agio Minas. Descente aux abords de la mer, erreur de cinq km pour passer par Alaminos. La route est enfin presque plate, mais il faut faire vite. Le jour tombe à toute allure. Il faut aller plus vite que la venue de la nuit. Heureusement le fort vent est favorable. Il permet d’atteindre in extremis la grandiose Mosquée Hala Sultan Tekke juste rénovée au bord du lac salé, sans les flamands roses de la route du 1er jour. Ultime étape de cette journée, la plus belle sans doute de tout le périple. Seul incident : à l’hôtel le carton vélo, malgré la garde payée, a disparu. Miracle : dans le local, un grand carton avec une TV. Le préposé de l’hôtel enlève la TV. Voici le nouveau carton vélo. Il est même mieux que l’autre qui avait fait plusieurs pays. Plus petit, plus solide et tout neuf.

 

1er janvier de la nouvelle année – Larnaca Paris. Le vélo est emballé. Le taxi réservé la veille ne vient pas. Un autre happé dans la rue le remplace. Contrairement à l’aller, pas de problème à l’escale de Milan, ni d’annulation ou de retard de vol., ni le supplément de 35 euros de l’aller pour le vélo.

 
En tout 814 km, dont 715 pour les étapes officielles comptabilisées pour le Club. Immersion totale anglophone. 128 photos numériques, dont 64 sur papier en 20/30. Budget total avec avion et transferts : 1064 euros, dont 358 euros sur place, soit 33 euros par jour.

 

Dominique Ploux

 

Publié dans Comptes-rendus

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