Bosnie-Herzégovine et Croatie 2009

Publié le par Dominique 92

Périple cycliste dans les Balkans 4 août - 1er septembre 2009 – 1868 km  

 

4 août – Courbevoie Sarajevo. A huit heures le shuttle habituel arrive à l’heure. Crochet par Pantin pour une famille, puis Roissy.  Autoroute encombrée mais vers Paris. Envol ponctuel. Transbordement à Lublijana. Il pleut. Pourvu que le carton du vélo soit au sec. Longue attente. Le guide de voyage est encore lu et relu. Il ne pleut plus à Sarajevo. Le vélo dans son carton non mouillé est récupéré. Le carton a été ouvert. Les pédales et la clé spéciale sont sorties de la sacoche avant. Elles gisent au fond du carton. Taxi vers l’auberge réservée par internet. Un peu à l’écart du centre de la nouvelle ville occidentale.

 

5 août – Sarajevo sous la pluie. Découverte à pied de la capitale de la Bosnie-Herzégovine. Peu réjouissant sous la pluie et au milieu des immeubles de béton marqués par la terrible guerre des Serbes des années 1990-1991.D’après l’aubergiste, il devrait encore pleuvoir demain.

 

6 août – Sarajevo Travnik – 50 km

Il pleut. Train jusqu’à Zenica. Petit supplément pour le vélo. Puis vélo pour Travnik. Douche au milieu du trajet, mais vite sec. Joie bourgade. L’hôtel est moins cher que l’autre (15 euros au lieu de 25), tout confort, mais trafic intense de la route en surplomb. Jolie bourgade avec beaucoup de restaurants.

 

7 août – Travnik Banja-Luka – 146 km

Malgré les menaces de pluie annoncées la veille à la télévision, pas de bus mais le vélo. Le ciel est bleu, les nuages hauts. Col de 927 mètres à 13 km de Travnik. Pas trop dur. Halte dans la descente. De l’autre coté de la rivière Vrbas, Jajce, ancienne capitale de la Bosnie, autour de sa forteresse. Pas le temps d’y aller. Descente douce, mais le vent est contre, et dans ces pays il souffle très fort. Le long de la route, les célèbres stations de rafting encastrées au pied des roches. Tribunes, éclairages. Petit détour pour la cascade de Krupa. Un peu décevant. Banja-Luka est atteinte vers 15 heures. Juste trois gouttes. 1er hôtel : 40 euros. Il y a un Office de Tourisme. Chambrette confort dans guesthouse à 13 euros. Cette ville est le modèle de la ville inhumaine. Grandes avenues avec immeubles de béton d’après la 2ème guerre. Mais excellent restaurant (5 euros) loin du centre ville au bord de la rivière enfin assagie. Une nuit au lieu de deux prévues suffira.

 

8 août – Banja-Luka Sisak - 165 km

Belle route le long d’une rivière jusqu’à la ville frontière coupée en deux : Novi-Grad en Croatie, Bosanski-Novi en Bosnie-Herzégovine. Une seule banque encore ouverte ce samedi avant 13 heures pour le change, bien compliqué. Objectif modifié : halte pour ce soir Sisak et non une bourgade sans doute sans l’hôtel prévu pour l’étape de la journée. Vent contre le long de la rivière Una. Passage de la frontière à Hrvatska-Kostajnika. Deux douanes comme au bon vieux temps. C’est ensuite assez dur. Trois cotes à 10 %, la suivante à pied. Arrivée à 16 heures à Sisak. Recherche d’un hôtel. Seulement deux grands hôtels chers. Demi-pension : 370 KN ou 53 euros.

 

9 août – Sisak Zagreb – 60 km

Contrairement à hier, la route est plate et ennuyeuse, mais le vent est favorable. Arrivée dans la capitale croate avant midi et avec un jour d’avance. L’auberge a été réservée par internet pour demain. Elle m’indique une autre auberge tout confort à quelques mètres en plein centre de la vieille ville. Sur les derniers kilomètres, le jeu du pédalier s’est aggravé. Il est urgent de trouver un vélociste. Un VVTiste doublé dans la ville en indique un. Ouvert demain lundi à 8 heures.

 

10 et 11 août -  Zagreb Zagreb. Vite chez le vélociste. Chance, il a le matériel. En une heure le boitier du pédalier est changé. Visite de la ville beaucoup plus austro-hongroise que serbe et ottomane. Le soir, c’est une ville morte, à part quelques touristes.

 

12 août – Zagreb Karlovac – 106 km

Quitte la confortable auberge, et les six occupants de la chambrée. Météo favorable. Petit crochet par la station estivale, Samobor. Sur la petite route blanche, deux rudes cotes, la seconde finie à pied, 700 ou 800 mètres. Arrivée très tôt à Karlovac, célèbre pour la bière austro-hongroiseet son énorme brasserie. Pas de « sobe » (chambre) dans la ville, seulement de grands hôtels. Un Office de Tourisme indique un bon hôtel à 5 km. Escalade de la colline au sommet de laquelle est la forteresse. Sombres nuages.

 

13 août – Karlovac Jezerce – 96 km

Changement de programme sur les conseils de deux français. Au lieu de se perdre à Bihac, direction le parc naturel de Plitvicka-Jezera. Il y aurait partout des sobe, rooms, Zimmer, camere, chambres. La route nationale 1 est excellente, à part le trafic. Un seul col dur avec le petit plateau qui a du mal à passer. Il faudra procéder à un réglage. En contrebas les fameuses chutes d’eau et les lacs. Mais d’abord le gîte. Ils se font de plus en plus rares. Demi-tour. La 3ème sobe est enfin la bonne et deux fois moins chère que les autres. Chambrette confort chez un particulier, 20 euros. Cuisine à disposition. Partage du dîner avec une famille de Perpignan. Chance d’avoir trouvé ce gîte. Demain, le bonheur.

 

14 août – Jezerce Plitvicka-Jezera Jezerce – 26 km

Quelques km pour aller au parc classé par l’UNESCO. Vélo attaché devant le guichet. Matinée grise et crachin. Le soleil apparait enfin. 2ème tour et 2ème série de photos plus lumineuses. Chutes d’eau qui se déversent d’un lac à l’autre.

 

15 août – Jezerce Gracac – 85 km

Ciel bleu, épais brouillard, ciel bleu. Un petit col pas dur avant Gracac  Il est midi. Pas d’hôtel en ville. Grace aux renseignements, un gite à 4 km du centre. Tout neuf et en bois, il ressemble à un chalet de montagne. Visite d’une grotte célèbre à quelques kilomètres. 25 degrés de moins que dehors. Dîner sur la terrasse avec un groupe de randonneurs. Sanglier. Le patron est chasseur.

 

16 août – Gracac Zadar – 74 km

Encore ciel bleu limpide et col dans la fraîcheur. La chaleur monte vite dans le creux des  vallées. Trafic intense dans les deux sens. Enfin la cote dalmate. L’auberge dite de jeunesse, réservée par internet, est vite trouvée. Un peu à l’écart de la vieille ville. Visite de la ville, juxtaposition des cultures de l’Europe. Bain au bord de l’une des plages bondée d’estivants croates.

 

17 août – Zadar Vir Zadar – 67 km

Une excursion vers la presqu’ile de Vir au nord de Zadar. Bien décevant, sauf la bourgade de Nin. Impossible d’atteindre le phare à l’extrême pointe : pas de route pour le vélo. Hôtels, villas, plages pour touristes, chaleur, trafic.

 

18 août – Zadar Split- 172 km

Départ à 7 heures après le petit déjeuner fait maison. Il fait déjà chaud, 25 degrés. Le long de la cote, la route nationale est au début presque plate, pas trop de trafic : l’autoroute dalmate passe à l’intérieur des terres. La 2ème moitié du trajet est plus difficile. Relief, trafic, chaleur (35o) à l’ombre. Avec plusieurs litres d’eau, arrivée à 15h30 à Split. La pension a été aussi réservée pâr internet. Vite trouvée  en plein centre, face aux prestigieuses ruines romaines. Changement de programme sur les conseils fournis à la pension. Au lieu d’aller demain à Mostar, prendre le train de Ploce à Mostar.

 

19 août – Split Ploce 122 km

 

La route continue à ne pas être toute plate le long de la cote. Incessantes montées et descentes. La chaleur monte. A Ploce, deux trains par jour pour Mostar : 7 heures et 17 heures. Donc le 2ème. Un Français me donne dans la gare l’adresse d’une auberge à Mostar. Train à voie unique, avec un supplément pour le vélo.

 

 

20 et 21 août – Mostar Mostar. 1ère nuit dans l’auberge sur la rive gauche de la rivière Neretva dans le secteur occidental. Nuits suivantes dans une annexe au bord de la rive  droite dans la ville ottomane. Excursion avec l’autobus pour les sources de la Buna, aux pieds de la forteresse. 35 ou 40o, mais l’eau est glaciale.

 

22 août – Mostar Medugorje Kravice Mostar 97 km

Départ à 8 heures. Seulement 28o. Un dur col avec tout à gauche. Halte rapide à Medugorje, le 3ème Lourdes.
 

Vite aux chutes d’eau de Kravice. Deux bains au pied des cascades. Retour vers Mostar par un autre col un peu moins pentu. 38o. Boire, boire, boire. Les étapes suivantes sont modifiées de fond en comble.

 

23 août – Mostar Dubrovnik Mostar. Pas de vélo. Le car pour Dubrovnik part à 7 heures.  Crevaison, un des deux chauffeurs se blesse à la figure en changeant la roue. Assez de temps pour la visite de Dubrovnik alias Raguse, inondée de …touristes. Manque de peu le car du retour. Comme à l’aller, longue attente aux passages des deux frontières Croatie-Monténégro.

 

24 août - Mostar Mostar. Jour de repos intramuros. La vieille ville renait après les destructions de la guerre serbe. Nuit à la belle étoile sur la minuscule terrasse de l’auberge. Plus de lit libre. Le vent du nord souffle avec rage.

 

25 août - Mostar Gacko – 90 km

Départ à l’aube. Les 40 km vers le col de Grebak à 1093 mètres se montent allègrement. Longue descente. Il fait encore frais, étonnant après la chaleur d’enfer des jours précédents. Arrivée vers midi à Gacko. Après l’hôtel de type soviétique, cher (23 euros), les renseignements quémandés auprès de la Police permettent de trouver l’autre hôtel, confort pour 18 euros, à l’écart du centre ville. Objectif pour l’après-midi : le lac de barrage sur les hauteurs, la ville étant sans intérêt. Les terrasses des cafés sont pleines de oisifs. Deux jeunes indiquent la route du barrage. Ils commencent à être hostiles. Juste après le virage, ils me rattrapent. Coup de poing sur la mâchoire de l’un des deux, le petit avec un T-shirt blanc. Echappée d’un coup de …pédale. Au retour du lac, plainte est déposée auprès du Commissariat de Police, en face des terrasses de café : 1er acte. 2ème acte : recherche avec la voiture de police des 2 ou 3 garnements dans la ville. En vain. 3ème acte : voiture de police pour aller à l’hôpital. Rapport médical tapé d’un doigt par le médecin de service avec une machine à écrire mécanique Olympia. 4ème acte : retour au Commissariat. Dans un couloir, plusieurs jeunes, dont les deux « miens ». Confrontation, photo, redéposition avec interprète anglophone. Renonce à porter plainte en justice. Libre enfin, et les deux aussi. Peu après, ils sont de nouveau à la terrasse du café. Salut de loin en allant à l’hôtel.

  

26 août - Gacko Foca – 124 km

Départ à 8 heures après le café turc. Température de nouveau idéale pour gravir le col à 1293 mètres. Descente et remontée vers un autre col à peine moins haut. Splendides panoramas. Arrivée très tôt à Foca. Un seul hôtel (23 euros,) de type soviétique (247 chambres pour la classe laborieuse ou plutôt pour les apparatchiks) comme presque toute la ville. Après-midi, un aller-retour dans la vallée encaissée de la rivière Drina, ses canyons, le rafting. Quelques km avec un VTTiste roumain lourdement chargé qui va vers le Monténégro tout proche. Demi-tour pour revenir à Foca. Dîner excellent au pied des HLM., brochettes de veau.

 

27 août – Foca Visegrad – 75 km

Toujours en dehors du circuit prévu qui allait faire depuis Dubrovnik un tour dans le Monténégro. Quitte sans regret le « grand » hôtel. Petit déjeuner froidement servi, thé, omelette, deux tout petits pains. Température à 7h30 presque fraîche, 18o. Encore une belle route dans la vallée de la Drina jusqu’à Ustipraca. Ensuite ça se corse : tunnels incessants, courts, longs, éclairés, non éclairés. Dans ce cas, sans éclairage avant et arrière, il vaut mieux mettre pied à terre pour laisser passer les poids lourds qui vous frôlent car pas de trottoirs, ou des caniveaux sans plaques Après quelques mètres dans l’obscurité, tout sens de l’orientation se perd. Inutile de heurter la paroi rocheuse comme en Norvège en juillet 1999 lors de l’un des 1ers périples européens.. Enfin avant midi, Visegrad, célèbre pour son pont ottoman. De nouveau un grand hôtel de béton, 25 euros. Un motel est loin du centre ville. 20 euros. Maxi-confort. Le top de tous les gites. De nouveau, la chaleur. Le linge lavé est sec en deux heures sur la terrasse de la chambre. A 17 heures, décision impromptue : Dobrun et son monastère orthodoxe à quelques kilomètres de la frontière serbe et donc de la Serbie. Il faudra bien y aller un jour. La route est mouillée, l’orage au loin, il s’en va vers la …Serbie. Deux arcs en ciel en guise de bienvenue, comme deux bras dressés vers le ciel. Le soleil couchant et rougeoyant illumine le monastère. Ainsi soit-il en Europe centrale.

 

28 août – Visegrad Sarajevo – 114 km

Somptueux petit déjeuner, composition fournie à la demande. La température est redevenue fraîche au cours de la nuit. Mais, seule crainte de cette nuit, les tunnels même tunnels qu’à l’aller. Au moins 25, de 100 à 700 mètres. Miracle : un tunnel d’hier non-éclairé est éclairé, loupiottes tremblantes, intermittentes, c’est mieux que rien. Juste quelques mètres à pied à gauche pour un autre. Après le carrefour d’hier à Ustripaga, encore des tunnels, mais tous éclairés. Plus le trafic d’hier. Pas de panneaux routiers vers Sarajevo pour le raccourci à gauche de Kukavice. Autant vaut mieux la route nationale qui semble moins tordue et pentue que la route secondaire. Après Rogatica, dure montée vers le col de 1034 mètres entre Kovanj et Obrtici. Juste à la descente du col, l’horreur. Une horde de chiens sauvages sort des bois et poursuit le cycliste solitaire. Belle proie. L’un d’eux plus noir que noir passe devant la roue avant, la gueule de ses crocs blancs, bavante et hurlante. La pente n’est pas encore forte. Malgré les sacoches, il faut accélérer et accélérer. Après un ou deux kilomètres prend fin la poursuite infernale. Ils perdent souffle et font demi-tour. Puis un 2ème col à peine moins haut que le précédent. Une autre horde de chiens marrons tente aussi de courir après le vélo, mais cette fois-ci, à 40 km/h, difficile de l’atteindre. Ouf ! Sarajevo. L’auberge du départ est vite retrouvée avec un jour d’avance. Elle a été prévenue dans l’une des nombreuses stations internet.

 

29 août – Sarajevo Skarkavac Sarajevo – 33 km

Ciel bleu, mieux qu’au départ. Il faut en profiter avant l’orage annoncé pour l’après-midi, comme la violente trombe d’eau hier soir. En route vers les chutes d’eau. De Skarkavac sur les hauteurs de la ville. Route goudronnée, caillasse de 6 km, panneaux absents. En perdition hors des sentiers battus. Enfin la chute d’eau. Pratiquement invisible. Il est temps de retourner dans la capitale. Le ciel se couvre. Ce soir orage et pluie comme hier. Décidemment, à Sarajevo, il pleut trop.

 

30 août – Sarajevo Bijambare Sarajevo – 92 km

Temps gris à l’aller. Pluie au retour. Chance d’attraper la visite la dernière visite de ce jour à 13 heures. Elle est bien commentée, mais dans quelle langue ? Le principal est d’être bien couvert !

 

31 août – Sarajevo Jahorina Sarajevo – 74 km

Comment, vous ne savez pas où ont eu lieu les jeux olympiques de Sarajevo en février 1984 ? A presque 2000 mètres de hauteur et à quelques kilomètres de la capitale bosniaque, auparavant perdue en pleine Yougoslavie. Ciel gris et brouillard après Pale. Pas de hordes de chiens, rassuré par les renseignements des autochtones. Derniers kilomètres à pied sur les chemins de caillasse. Juste une éclaircie au pied de l’une des remontées de ski.  Descente à toute allure. Pause à Pale pour les photos des fresques de l’église orthodoxe bizarrement égarée dans cette ville. Le soleil revient enfin, mais trop tard pour les pics de ce matin. Ce n’est qu’un au-revoir.

 

1er septembre – Sarajevo Paris. Le carton du vélo a bien été gardé dans l’auberge. Tout est rapidement emballé et empaqueté pour le retour.

Trajet prévu : 1899 km. Réel : 1868 km, avec la 2ème moitié modifiée.
Budget en euros. Avion : 339. Dépenses : 972, soit moins de 30 euros par jour. Plus important : 316 photos dans les albums, dont 178 sur papier en 20/30. 
 

Dominique

Publié dans Comptes-rendus

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